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mercredi 18 janvier 2012

#SOPA Strike: 18 janvier - Google ne coupe pas ses services mais publie un lien

Société 2.0 -
Google se mobilise aussi contre les projets de loi SOPA et PIPA. La firme de Mountain View a publié un lien sur sa page d'accueil afin d'avertir le maximum d'internautes américains. Le moteur de recherche étant très fréquenté outre-Atlantique, l'action de Google devrait avoir une visibilité considérable.

C'est une journée qui restera sans nul doute dans les mémoires de nombreux internautes américains. Ce mercredi 18 janvier, de nombreux sites web vont interrompre ou perturber leur accès afin de manifester leur désaccord envers deux projets de loi (SOPA et PIPA) actuellement examinés par le congrès des États-Unis. C'est notamment le cas de Google, qui se tient aux côtés des opposants. 

Le géant de la recherche affiche en effet sur sa page d'accueil américaine un lien invitant les internautes à avertir les membres du congrès de ne pas censurer le web. Il est alors expliqué que "des millions d'Américains s'opposent à PIPA et SOPA parce que ces lois vont conduire à la censure d'Internet et au ralentissement de la croissance économique aux États-Unis". 

Le mode d'action choisi par Google est, en comparaison, nettement plus mesuré que celui de Wikipédia, qui se mobilise aussi contre les deux projets de loi. Le géant du net se limite à un simple lien, là où la version anglophone de l'encyclopédie interrompt complètement son service. En effet, les dirigeants et les contributeurs ont collectivement décidé de fermer les portes du site pendant 24 heures. 

Google est cependant le premier site web visité au monde et il est certain que ce lien sera vu et suivi par de très nombreux internautes. Toute la question sera néanmoins de savoir combien de ces curieux vont véritablement agir, en envoyant un courrier électronique ou en téléphonant à leurs élus. Car la protestation en ligne et la simple installation d'une bannière noire ne suffiront sans doute pas.

Par la même occasion, Google veut également éviter que son opposition politique, aussi importante soit-elle, ne vienne affecter le bon déroulement de ses affaires. Le géant de la recherche, qui contrôle près de deux tiers de la recherche aux USA, n'a aucune envie de pousser les utilisateurs à se rendre sur un autre moteur de recherche parce que Google aurait baissé le rideau pendant 12 ou 24 heures. 

Cela étant, l'opposition de Google ne se limite pas à la seule protestation médiatique. Le géant du web, grâce à ses moyens financiers colossaux, a également la capacité d'agir en coulisses en dépêchant des lobbyistes à Washington. Cela est d'autant plus vrai que l'entreprise américaine a augmenté l'an dernier de 40 % ses dépenses destinées à défendre ses intérêts auprès de la classe politique. 

"Comme de nombreuses entreprises, entrepreneurs et internautes, nous sommes opposés à ces lois parce qu'il existe des moyens intelligents et précis de fermer les sites pirates étrangers sans avoir besoin de demander aux firmes américaines de censurer Internet" a déclaré à CNET un porte-parole de la firme. "Nous nous joignons donc à de nombreuses autres entreprises pour mettre en lumière ce problème". 

Google et Wikipédia ne sont pas les seuls sites à modifier leur page d'accueil. Selon la liste établie par SOPA Strike, nous retrouvons également la participation de la fondation Mozilla, de WordPress, de Reddit, de Flickr, d'Internet Archive, de l'Electronic Frontier Foundation, de Michael Moore, d'Open Congress, de MineCraft et TwitPic.

Il y a cependant de nombreuses autres firmes opposées à SOPA et PIPA, comme le rappelle Google sur une autre page : AOL, Boing Boing, Creative Commons, eBay, Facebook, Foursquare, Kaspersky Lab, LinkedIn, Pastebin, PayPal, Techdirt, Torrentfreak, Tumblr, Twitter, Vimeo ou encore Yahoo, pour ne citer que les plus connus.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

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#SOPA : LES AMÉRICAINS NE RIGOLENT PAS AVEC LA LIBERTÉ !

17 janvier 2012 par Paul Jorion, Blog de

Si vous êtes Français, vous avez entendu parler de HADOPI, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, une loi qui vise, en principe, à protéger le droit des créateurs en empêchant le téléchargement gratuit des œuvres couvertes par le droit d’auteur. En France, HADOPI a été adopté en 2009 dans une espèce d’indifférence générale, seul le Conseil Constitutionnel s’étant montré quelque peu sourcilleux sur certaines implications. Ceux qui téléchargent à l’œil des choses qui valent de l’argent, seront cloués au pilori, et pire encore – pour autant qu’on les pince.

Il est question en ce moment d’introduire aux États-Unis, l’équivalent d’une HADOPI, sous le nom de Stop Online Piracy Act (SOPA), et les Américains qui, comme chacun le sait, ont bien davantage la tête près du bonnet que les Français, crient au meurtre et à l’assassin. C’est une levée de boucliers quasi unanime, où l’on trouve réunis, excusez du peu : Google, Facebook, Yahoo, Twitter, eBay, AOL et Wikipedia.

Vous connaissez l’histoire de la grenouille dans la marmite, qui se laisse cuire sans broncher, pour autant que la température monte insensiblement ? Eh bien, les Américains sont de moins bonnes grenouilles à ce point de vue que les Français – ce qui est tout à fait logique si l’on pense que les Français sont appelés Froggies (grenouilles) par les Américains.

C’est au point que Wikipedia (version anglaise) lance la grève générale demain pour toute la journée pour protester contre l’atteinte aux libertés. Si vous voulez savoir (en anglais) qui est Franklin D. Roosevelt, vous avez tout intérêt à vous informer ce soir avant minuit (heure de Washington), parce qu’après, ce sera trop tard pour vingt-quatre heures.

Jimmy Wales, le patron de Wikipedia, a déclaré : « L’une des choses que nous avons apprises récemment durant le printemps arabe est que l’internet est un instrument puissant et efficace permettant à l’opinion publique de s’organiser et de faire entendre sa voix ». Comme c’est bien dit ! Go Jimmy ! Go, go, go !

Il peut paraître paradoxal que les marchands aient pu prendre le pouvoir sur l’internet sans coup férir en France, alors qu’aux États-Unis ils s’apprêtent à prendre au contraire une volée de bois vert dans les jours qui viennent, mais que voulez-vous, on vit une époque curieuse où le paradoxe est au pouvoir !


(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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lundi 5 décembre 2011

#WIKILEAKS : The Spy Files - " You're all screwed ! "

 por em 01/12/2011

Wikileaks « Un monde sous surveillance » The Spy Files : Wikileaks dénonce l'espionnage des gouvernements. Les écoutes de masse de populations entières ne sont pas seulement une réalité, c'est une nouvelle industrie secrète existant dans plus de 25 pays. On dirait un mauvais film, mais les systèmes d'interception de masse, fabriqués par des entreprises occidentales et utilisés également contre les «  opposants politiques  », sont aujourd'hui une réalité. Ce 1er décembre, Wikileaks a entamé la publication d'une base de données de centaines de documents venant de près de 160 entreprises de renseignement de l'industrie de la surveillance de masse.

Les entreprises de surveillance internationales sont situées dans les pays disposant des technologies les plus sophistiquées, et ils vendent leur technologie dans tous les pays du monde. Cette industrie est, en pratique, non régulée. Les agences de renseignement, les forces militaires et les autorités policières sont donc capables d'intercepter sans être détectées, massivement et dans le plus grand secret, les appels téléphoniques, et de prendre le contrôle d'ordinateurs sans même que le fournisseur d'accès ne s'en rende compte ou n'apporte son aide. La position des utilisateurs peut être suivie à la trace s'ils ont sur eux un téléphone mobile, même si celui-ci est en veille.


- WIKILEAKS - "You are all screwed !"

por em 01/12/2011

Julian Assange, Eric King, Jacob Appelbaum speak on the release of 287 new wikileaks spy files.

Read full article here : http://sliceofsimplicity.wordpress.com

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dimanche 3 juillet 2011

ACTA - STOP ACTA (Quelques lumiéres, some lights)

 



What is ACTA 

ACTA is an international trade agreement currently negociated by the European Union, the United States, Japan, Canada, South Korea, Australia as well as a few other countries, whose aim is to enforce copyright and tackle counterfeited goods (hence its acronym: Anti-Counterfeiting Trade Agreement). 

The main problem with this treaty is that all the negociations are done secretely. Leaked documents show that one of the major goal of the treaty is to force signatory countries into implementing anti file-sharing policies under the form of three-strikes schemes and net filtering practices.

Help stop ACTA


Use the ACTA alert box on your website 

         
      Since Spring 2008, the European Union, the United States, Japan, Canada, South Korea, Australia as well as a few other countries have been secretly negotiating a trade agreement aimed at enforcing copyright and tackling counterfeited goods (Anti-Counterfeiting Trade Agreement). Specifically, leaked documents show that one of the major goal of the treaty is to force signatory countries into implementing anti file-sharing policies under the form of three-strikes schemes and net filtering practices.

      At a time when important debates are taking place on the need to adapt copyright to the digital age, this treaty would bypass democratic processes in order to enforce a fundamentally irrelevant regulatory regime. It would profoundly alter the very nature of the Internet as we know it by putting an end to Net neutrality.

      See the most worrying provisions under discussions and the three core reasons for rejecting ACTA.


      Links on ACTA

      Quotes on ACTA

      Privacy and data protection 

      - Intellectual property must be protected, but it should not be placed above individuals' rights to privacy and data protection.

      Peter Hustinx, European Data Protection Supervisor (EDPS), issued a report on the Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA), claiming that it could prove unworkable under current European Union data protection laws.

      Democracy and transparency 

      - ACTA is legislation laundering on an international level of what would be very difficult to get through most Parliaments

      Stravros Lambrinidis, Member of European Parliament, S and D, Greece

      - The European Parliament has had no representation in ACTA negotiations. Just accepting or rejecting an agreement is not an exercise of democracy as under the Lisbon Treaty.

      Zuzana Roithova, Member of European Parliament, EPP, Czech Republic

      Freedom of expression 

      - It is extremely regrettable that democratic debate has been eliminated from talks that could have a major impact on such a fundamental freedom as free expression.

      Reporters without Borders, European Parliament Sakharov Prize Winners

      Internet service providers liability 

      - Any measures concerning people's right to go online need to be brought in through the proper democratic channels, not via self-regulation, and made into EU law

      Andrea D'Incecco, public affairs manager from EuroISPA (Business association of European Internet Service Providers)

      - ACTA, by putting pressure on Internet service providers opens the door to private 'three strikes' approaches and generalized surveillance of the Net.
      Françoise Castex, Member of European Parliament, S and D, France.

      - Third party liability for Internet Server Providers is like making the post office responsible for what is inside the letters they send.
      Alexander Alvaro, Member of European Parliament, ALDE, Germany.

      Access to medicine 

      - We can only assume that the final text could do great harm in developing countries and undermine the balance between the protection of intellectual property and the need to provide affordable medicines for poor people.

      Rohit Malpani, OXFAM, from a press release criticising possible impact of ACTA. 

      - We are in danger of ending up with the worst of both worlds, pushing IP rules, which are very effective at stopping access to life-saving drugs but are very bad at stopping or preventing fake drugs.

      Michelle Childs of Médecins Sans Frontières, Nobel Peace Prize winners, has issued a very critical statement on ACTA.

      Essential readings

      Accord de Commerce Anti-Contrefaçon (ACTA)

      Traité international négocié en secret depuis 2007, l'Accord de Commerce Anti-Contrefaçon viserai à :
      - Imposer aux fournisseurs d'accès à Internet la surveillance de leurs utilisateurs,
      - Interdire ou limiter la copie sur les contenus protégés par le droit d'auteur,
      - Criminaliser le partage de fichiers sur Internet et
      - Limiter l'utilisation de médicaments génériques à bas prix.
      A l'initiative des Etats-Unis, de l'Union Européenne, de la Suisse et du Japon, les pays suivants ont depuis rejoint les négociations : L'Australie, le Canada, la Jordanie, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle Zélande, la république de Corée, Singapour et les Émirats Arabes Unis. 
       
       

      Mensonges mensonges... par TheAcktivist 


      L'Accord commercial anti-contrefaçon (ACAC; en anglais Anti-Counterfeiting Trade Agreement : ACTA) est une proposition de traité international multilatéral concernant les droits de propriété intellectuelle.

      Le champ d'action de l'ACTA s'étend ainsi aux marchandises, notamment aux produits contrefaits, aux médicaments génériques ainsi qu'aux infractions au droit d'auteur sur Internet. Le titre de l'ébauche du traité suggère en effet que l'accord ne couvrirait que la violation de brevets, mais le texte en lui-même aborde aussi les infractions au droit d'auteur dans le contexte d'« Internet et des technologies de communication ».
      Il vise à établir un nouveau cadre juridique que des pays peuvent rejoindre volontairement et à créer son propre organisme de gouvernance en dehors des institutions internationales déjà existantes (comme l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle ou les Nations Unies).
      L'absence de transparence des négociations, suscite de vives critiques, les dispositions du nouvel accord s'annonçant bien plus complètes et restrictives que celles déjà prévues par l'ADPIC (accords de l'OMC sur la propriété intellectuelle), négociés à la fin du cycle d'Uruguay du GATT en 1994. Des documents ont néanmoins fuités dès mai 2008 par l'intermédiaire de Wikileaks, provoquant ainsi une importante mobilisation de la société civile contre cet accord et exigeant une procédure démocratique de négociations. Il a ainsi fallu attendre le 20 avril 2010 pour qu'une version officielle soit publiée, une nouvelle version ayant été rendue publique le 6 octobre. Entamées dès 2007, les négociations avaient pourtant officiellement commencées en juin 2008, soit près de deux ans avant qu'un texte officiel ne soit rendu public.

      L'ACTA est en cours d'élaboration entre plusieurs États, qui se rencontrent périodiquement pour négocier : l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, les États-Unis, le Japon, la Jordanie, le Maroc, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Suisse et l'Union européenne (UE), et dont l'objectif est décrit comme une réponse à « l'augmentation dans le commerce international des contrefaçons et des produits sous copyright piratés ».
      L'idée de créer un traité multilatéral sur la contrefaçon a été développée par le Japon et les États-Unis en 2006. Le Canada, l'Union Européenne et la Suisse rejoignirent les discussions préliminaires entre 2006 et 2007. Les négociations officielles commencèrent en juin 2008, avec l'Australie, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, rejoints en cours de route par la République de Corée et Singapour.
      D'après les comptes-rendus, les négociations aboutirent à un accord de principe au début d'octobre 2010, avec peu de divergences marquantes. Selon l'UE, un accord final était attendu dans les semaines suivantes. Après une série de fuites d'ébauches du texte en 2008, 2009 et 2010 les parties en présences publièrent une version officielle de l'ébauche, le 20 avril 2010. Une version retravaillée du texte, résultat de la dernière série de négociation à Tokyo, fut rendue publique le 6 octobre 2010.

      L'ACTA établirait un nouveau cadre juridique créant son propre organisme de gouvernance indépendant des institutions internationales déjà existantes comme l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI, WIPO en anglais) ou les Nations Unies.
      Répondant à la question de savoir pourquoi l'ACTA n'est pas mené au sein du G8, de l'OMC, de l'OMPI ou d'autres structures existantes, la Commission européenne a expliqué qu'un tel accord, de type « transversal » (Path Breaking) nécessite une grande flexibilité pour « [être poursuivi] parmi les pays intéressés », alors que « l'adhésion à ces organisations (G8, OMC et WIPO) ne sont simplement pas les plus propices » pour le mener à bien.
      Un résumé officiel des éléments clé en discussion, publié en novembre 2009, indique que l'ACTA a pour but:
      « de mettre à profit les règles internationales existantes dans le domaine de la propriété intellectuelle, en particulier sur les accords TRIP, et projette d'aborder des problèmes d'application là où les participants ont remarqué que le cadre juridique international existant n'existe pas ou doit être renforcé. »
      La Commission européenne indique qu'il vise à améliorer les standards internationaux pour mener des actions contre les atteintes à grande échelle au droit de la propriété intellectuelle. Dans cette optique, l'ACTA aura trois composantes principes:
      • la coopération internationale;
      • la préparation de mises en application
      • et l'établissement d'un cadre juridique pour l'application des droits de la propriété intellectuelle.
      Officiellement, l'ACTA vise principalement les économies émergentes, « où la propriété intellectuelle pourrait être améliorée, comme la Chine, la Russie ou le Brésil », qui signeraient le "global pact". Cela pourrait être justifié en France quand on sait que 70% des produits contrefaits saisis par les douanes viennent de Chine. Le Rapport spécial 301, publié en 2008 par le Représentant américain au commerce (USTR), indique que « l'ACTA rassemblera les pays conscients de l'importance majeure d'un droit à la propriété intellectuelle fort pour une économie prospère ». L'ACTA est conçu comme un effort fourni par les pays pour « élever le standard international de l'IPR afin de faire face aux défis actuels de la contrefaçon et du piratage ». Il « se basera sur les succès bilatéraux et régionaux précédents de l'administration ».
      Les articles 5 et 6 du traité incluent la création d'un « Comité de l'ACTA » qui pourrait amender l'accord, avec l'approbation des participants. Un rapport public ou judiciaire ne sera pas nécessaire pour amender le texte, et les représentants des industries concernées pourraient donner un avis consultatif sur les amendements.

      L'ACTA imposerait aux pays signataires des limitations sévères sur le droit de la propriété intellectuelle touchant Internet et le commerce de produits protégés par ce droit. La proposition, telle qu'elle a été négociée en 2008, contiendrait un plan pour inciter les pays en voie de développement à adhérer à cette entente.

      S'il était adopté, le traité établirait une coalition internationale destinée à s'opposer aux violations du droit d'auteur, imposant une application stricte des lois sur le droit de la propriété intellectuelle dans différents pays. L'entente permettrait aux douaniers de fouiller des portables, des lecteurs MP3 et des téléphones cellulaires à la recherche de produits qui violent le droit d'auteur.

      L'ACTA imposerait aussi de nouvelles obligations de coopérer chez les fournisseurs d'accès à Internet (FAI), incluant la divulgation d'informations touchant leurs clients tout en restreignant l'usage d'outils informatiques protégeant leur vie privée.

      Critique, l'eurodéputée socialiste Françoise Castex affirme ainsi:

      « Le traité propose de responsabiliser les "intermédiaires techniques", c'est-à-dire les fournisseurs d'accès à Internet (FAI). C'est aberrant ! Lorsque l'on achète par correspondance une contrefaçon, le facteur n'est en rien responsable. C'est anti-économique et injuste. Le messager n'est pas responsable.
      L'Acta exige des FAI qu'ils préviennent et mettent fin à la contrefaçon, au risque de sanctions décidées par l'Etat. Les FAI deviennent alors des super gendarmes chargés de surveiller leur réseau. Cette mesure va complètement à l'encontre de l'idée de neutralité du net défendue par les politiques. On risque de voir se mettre en place un filtrage des sites et même une riposte graduée mondiale, semblable à l'Hadopi française. »
      Le texte imposerait aussi, au nom de la lutte contre la contrefaçon, des mesures susceptibles de bloquer la circulation de médicaments génériques. Les génériques, notamment ceux produits en Inde, sont reconnus dans certains pays et approuvés par l'Organisation mondiale de la santé. Mais ils restent sous monopole de brevets dans de nombreux pays où ils passent en transit. En renforçant la lutte contre la contrefaçon, ACTA systématiserait des mesures de blocage de médicaments génériques, traités comme de la contrefaçon. Cette crainte est fondée sur des événements récents, comme le blocage de médicaments contre le sida, achetés par la facilité d'achat Unitaid, blocage opéré pendant un mois par les autorités douanières d'Amsterdam en février 2009.
      Depuis 2007, les négociations qui entourent cet accord sont effectuées secrètement et sont vivement décriées. Mais dès le 22 mai 2008, avant le premier round officiel, un document préparatoire a été transmis à Wikileaks, permettant à la presse de s'emparer du sujet.
      Une source anonyme a ensuite transmis une ébauche du texte à Wikileaks, qui l'a publiée en mai 2009. La Commission européenne, le Représentant américain au commerce, le Département australien au Commerce et aux Affaires étrangères et d'autres agences gouvernementales ont confirmé qu'elles participaient aux négociations, mais ont refusé jusqu'à mi-2010 de publier des ébauches du traité ou de discuter des sujets à l'étude.

       

      Le Conseil de l'Union européenne a adopté le 26 août 2008 un « Projet de résolution sur un plan européen global de lutte contre la contrefaçon » .
      Entre autres mesures :

      • elle propose la création d'un Observatoire européen de la contrefaçon;
      • présente un plan douanier de lutte contre la contrefaçon « afin de mieux lutter contre les contrefaçons dangereuses pour les consommateurs »;
      • promeut un partenariat privé/public pour lutter contre la contrefaçon;
      • contribue « activement au renforcement du respect et de la protection des droits de propriété intellectuelle dans l’ensemble des accords bilatéraux et multilatéraux conclus par l’Union européenne ; en particulier par le projet d’accord commercial plurilatéral de lutte contre la contrefaçon (ACTA) »;
      • se dit prête « à mettre en œuvre tous les moyens appropriés pour lutter efficacement contre la contrefaçon et le piratage. »

      La version du texte publiée en octobre semble définir des principes auxquels répondent ces mesures:

      • La promotion des coopérations commerciales dans la lutte contre la contrefaçon, dans le respect "des droits fondamentaux tels que la liberté d'expression, le droit à un procès équitable, et la vie privée", et dans le respect de la concurrence loyale: cela renvoie, entre autres, au débat sur la riposte graduée.
      • La faculté de donner à des autorités compétentes le pouvoir d'ordonner aux FAI qu'ils livrent aux ayants droit l'identité de leurs abonnés suspectés de piratage. Mais dans le cas où un État décidait de mettre en place un tel régime, comme en France, il aura l'obligation de veiller à ne pas "créer de barrière à des activités légitimes", et de respecter les droits fondamentaux déjà cités précédemment.
      • L'obligation de sanctionner le contournement des DRM ou la mise sur le marché gratuite ou payante d'appareils ou de logiciels dédiés au contournement d'une mesure de protection. Ces dispositifs seront interdits s'ils sont faits spécialement pour, ou si leurs autres utilisations possibles n'ont qu'un "intérêt commercial limité".
      • L'obligation de sanctionner la suppression de métadonnées (qui permettent d'identifier l’œuvre, ses ayants droit, les conditions d'utilisation autorisées, etc.), lorsque c'est fait en ayant conscience que cela rend possible le piratage des œuvres.
      • La faculté pour les États de prévoir des exceptions légales aux cas de contournement des DRM et de suppression des métadonnées.
      L'eurodéputée Eva Lichtenberger (Verts autrichiens) a rédigé en septembre 2008 une opinion préalable, pour le compte de la Commission des affaires juridiques du Parlement européen, où elle se préoccupait du « manque de transparence » des « négociations concernant l'ACTA », et en particulier de ses « rapports avec l'ADPIC » ainsi qu'avec l'« Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) ». Elle estime par ailleurs que la « Communauté ne dispose d'aucune compétence pour négocier » un tel accord, et « qu'il est important, lors de l'adoption de mesures de lutte contre la contrefaçon et le piratage, de respecter les droits fondamentaux tels que la protection de la vie privée et des données » .
      Enfin, Lichtenberg rappelle à la Commission européenne le droit de l'Union européenne, en lui signalant que « l'accord-cadre du 26 mai 2005 sur les relations entre le Parlement européen et la Commission prévoit que la Commission "informe le Parlement clairement et sans délai, tant pendant la phase de préparation des accords que pendant le déroulement et la conclusion des négociations internationales" ».

      Par ailleurs, la FFII (Association pour une infrastructure de l'information libre) a porté plainte en janvier 2009 auprès du médiateur européen contre le Conseil de l'Union européenne en raison de la non-publication des projets d'accords, ce qui contredit, selon la FFII, le règlement 1049/2001 concernant l'accès aux documents administratifs.

      Aux Etats-Unis, le traité est négocié en tant que sole executive agreement : seul le Président Barack Obama aura besoin de le signer, sans qu'il soit nécessaire de procéder à une ratification par le Sénat. Fin octobre 2010, 75 professeurs de droit ont critiqué par une lettre ouverte cette procédure, affirmant que l'exécutif outrepassait ses droits, la procédure de sole executive agreement étant limitée à certains domaines dont la propriété intellectuelle ne fait pas partie .
      Une demande de transmission des documents préparatoires, faite par James Love, le directeur de Knowledge Ecology International (une association fondée par Ralph Nader), en s'appuyant sur le FOIA (Freedom of Information Act), a été refusée par Washington en mars 2009. L'administration Obama affirmait que ces documents étaient classés pour des raisons de « sécurité nationale », conformément au décret présidentiel 12 598.
      Suite à des déclarations du représentant américain du commerce, la députée européenne socialiste Françoise Castex a demandé si l'ACTA était juridiquement contraignant, puisque l'art. 1.2 accorde à chaque Etat le soin de transposer en droit interne l'accord selon ses propres modalités et que le gouvernement américain avait affirmé que cette transposition se ferait de façon flexible. La députée a notamment souligné que l'art. 2.2 de l'ACTA contredisait des dispositions du Patient Protection and Affordable Care Act (la loi de 2010 réformant le système de santé aux Etats-Unis) qui établissait des plafonds concernant les dommages et intérêts en cas de non-respect des brevets de médicaments . Faut-il donc comprendre, demande F. Castex, que l'ACTA ne serait juridiquement contraignant que pour les États du Sud ?

      Au Canada, des groupes ont fait une demande d'accès à l'information, mais ont seulement reçu un document complètement raturé qui ne montrait que le titre du document

      Le PPE (Parti populaire européen, droite), l'UEN (Union pour l'Europe des nations) et deux membres de l'ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe) dont Silvana Koch-Mehrin (du FDP allemand) ont déposé, le 17 septembre 2008, au nom du groupe ADLE, une proposition de résolution sur les priorités européennes pour 2009, qui « invite » notamment « la Commission à conclure dès que possible l'ACAC ».
      Le 18 décembre 2008, le Parlement européen a adopté, par 309 voix contre 232, la résolution présentée par les Verts, invitant à rendre les documents préparatoires publics. »
      Le 10 mars 2010, le Parlement européen a adopté, par 633 voix contre 13, une résolution soutenue par les cinq plus importants groupes politiques qui enjoint la Commission européenne et le Conseil de l'Europe à rendre public les documents de négociation de l'ACAC. Le parlement a, par ailleurs, menacé d'intenter une action devant la Cour européenne de justice si la Commission européenne ne respecte pas le traité de Lisbonne qui l'oblige à informer le Parlement européen à tous les stades de négociation.
      En France, Europe Ecologie (en particulier Sandrine Bélier et Marie Bové) se sont opposés à l'ACTA.

      Le 9 septembre 2010, le Parlement européen adopte la “déclaration écrite 12″ sur l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) après que celle-ci a obtenu les 369 signatures nécessaires à son adoption. Déposée par les euro-députés Françoise Castex (S&D), Alexander Alvaro (ALDE), Stavros Lambrinidis (S&D) et Zuzana Roithová (PPE), ce texte demande à la Commission de la transparence via la mise à disposition de tous les documents relatifs aux négociations. Selon la déclaration, l’accord ne doit pas imposer «de restrictions à la procédure judiciaire ni affaiblir les droits fondamentaux», et « ne doit pas imposer indirectement l’harmonisation de la législation européenne sur le droit d’auteur, les brevets ou les marques et qu’il convient de respecter le principe de subsidiarité ». Également elle souligne qu’une “évaluation des risques économiques et d’innovation doit précéder l’introduction de sanctions pénales dans les cas où des mesures civiles sont déjà instaurées”. La déclaration considère aussi que les intermédiaires techniques ne doivent pas « être tenus responsables des données qu’ils transmettent ou hébergent (…) dans une mesure qui impliquerait une surveillance préalable ou le filtrage de ces données ». 


      jeudi 23 juin 2011

      LCEN : Eric Besson annonce un nouveau décret sur le filtrage

      LCEN : Eric Besson annonce un nouveau décret sur le filtrage - NUMERAMA.com

      Société 2.0 -
      Le ministre en charge de l'économie numérique, Eric Besson, a annoncé ce mercredi sur France Inter que le projet de décret sur le filtrage allait être révisé, suite à l'avis négatif rendu par le Conseil national du numérique. Complétant la loi LCEN, ce décret ouvre la voie au filtrage d'Internet par décision administrative.

      Le gouvernement n'a pas encore dit son dernier mot sur le projet de décret d'application de l'article 18 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN). Lors d'une interview accordée (07'45) ce matin à France Inter, le ministre en charge de l'industrie et de l'économie numérique, Éric Besson, a fait savoir qu'une nouvelle version du texte allait prochainement être élaborée par ses services.

      La décision du ministre de réviser le décret relatif au filtrage fait suite à l'avis négatif rendu par le Conseil national du numérique (CNN) en début de semaine. L'instance consultative avait en particulier conclu qu'un tel projet de décret "doit faire l'objet de nombreuses modifications, afin notamment de faire concilier la nécessaire lutte contre la cybercriminalité avec le principe constitutionnel de la liberté d'expression".

      Révélé la semaine dernière, le projet de décret avait immédiatement suscité la polémique. En effet, il donnerait à plusieurs ministères (défense, justice, intérieur, économie, consommation, santé et économie numérique) et à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) le pouvoir d'ordonner des mesures de blocage et de filtrage sur Internet par voie administrative, sans passer par le juge judiciaire.

      Le décret permet aux autorités françaises d'intervenir à différents niveaux : l'éditeur du site, l'hébergeur ou le fournisseur d'accès à Internet. Ce dernier pourra même être sollicité directement, sans passer par l'éditeur ou l'hébergeur, si "l'urgence de la situation l'exige". Des dispositions qui ont interpellé le CNN, qui a rappelé dans son avis le principe de subsidiarité qui veut que les FAI ne soient sollicités qu'en dernier recours.

      L'annonce faite par Eric Besson de réviser le projet de décret de l'article 18 de la LCEN ressemble à une tactique politique bien connue : proposer le pire, pour ensuite donner l'impression de reculer avec un texte qui au final sera celui voulu à la base. Dans le même temps, cela a comme avantage de montrer que le Conseil national numérique est vraiment indépendant et que son avis est pris en compte par l'exécutif.

      Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

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      dimanche 29 mai 2011

      Le CSA censure Facebook et Twitter !

       http://www.in-business.fr/wp-content/uploads/2011/05/face-twit.jpg

      Le CSA, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, organisme régulateur croupion à qui Nicolas Sarkozy a enlevé le droit de nommer les patrons des chaines publiques, frappe de ses petits poings sur sa table en contre-plaqué pour interdire aux télévisions de citer le nom des réseaux sociaux à l’antenne. Plus question de parler de «Twitter» ou de «Facebook» sur les chaines françaises ! Ce serait de la pub clandestine.

      Voici le communiqué du CSA :

      Le Conseil a été saisi par une chaîne de télévision de la conformité à la réglementation en matière de publicité des renvois aux pages consacrées à ses émissions sur des sites de réseaux sociaux. Il considère que le renvoi des téléspectateurs ou des auditeurs à la page de l’émission sur les réseaux sociaux sans les citer présente un caractère informatif, alors que le renvoi vers ces pages en nommant les réseaux sociaux concernés revêt un caractère publicitaire qui contrevient aux dispositions de l’article 9 du décret du 27 mars 1992 prohibant la publicité clandestine.

      Décision d’une grande modernité, prise juste après le eG8 qui a rassemblé à Paris le gratin mondial de l’Internet. Le président Sarkozy a même reçu à l’Élysée en tête-à-tête le jeune patron de « Facebook » Mark Zuckerberg. Ce dernier même a offert à cette occasion au chef de l’État un tee-shirt orné du logo de sa célèbre entreprise. Encore de la publicité clandestine ?


      Les chaines de télé française qui ont presque toutes des pages officielles sur «Facebook» devront-elles les fermer ? Ou ne plus jamais en parler ? Ou bien dire, de manière hypocrite : «Rendez-vous sur notre page officielle du réseau social dont le nom commence par la lettre F» ?

      A la prochaine révolution arabe (ou autre), il sera donc interdit aux journalistes de dire que les manifestants ou les opposants communiquent sur «Twitter» ou «Facebook» ?

      Les mots «Microsoft», «Apple», «Google»seront-ils aussi bannis par ce Conseil de rétrogrades ?

      On remarquera que le CSA fonde sa décision sur un décret pris il y a presque 20 ans !

      J’espère que cette décision grotesque et moyenâgeuse sera quotidiennement bafouée par les chaines de télé et que le CSA sera confronté à sa pathétique ringardise.

      Publié par ANYHOW

      source : http://www.in-business.fr

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      vendredi 20 mai 2011

      Comment Sarkozy a tué la défense de la liberté d'expression sur Internet


      Société 2.0 -
      Dans son édition à paraître vendredi, Marianne revient en détails avec des documents exclusifs sur le coup de poignard donné par Nicolas Sarkozy au projet de défense de la liberté d'expression sur Internet qu'avait porté Bernard Kouchner au gouvernement. 


      C'était l'an dernier. Bernard Kouchner, alors ministre des affaires étrangères, publie au mois de mai 2010 dans Le Monde et dans le New-York Times une tribune vibrante pour la défense d'Internet. Il y plaide alors pour un "un Internet universel, ouvert, fondé sur la liberté d'expression et d'association, sur la tolérance et le respect de la vie privée", opposé à "ceux qui voudraient transformer Internet en une multiplicité d'espaces fermés et verrouillés au service d'un régime, d'une propagande et de tous les fanatismes". Avec son homologue néerlandais, la France et les Pays-Bas annoncent dans la foulée la création d'un "groupe de pilotage" visant à faire naître un instrument international de défense de la liberté d'expression sur Internet.

      Une première réunion est organisée au Quai d'Orsay en juillet. Elle donne à Bernard Kouchner l'occasion de redire tout son attachement à la liberté d'expression sur Internet, alors qu'au même moment - en pleine affaire Woerth - le gouvernement et la majorité font bloc pour pourfendre Mediapart et Internet. Une conférence internationale, qui aurait dû être organisée à Paris le 15 octobre 2010, est reportée. Officiellement. 

      Officieusement, comme l'avait révélé la Quadrature du Net, c'est surtout que Nicolas Sarkozy a écrit à Bernard Kouchner pour l'obliger à revoir totalement ses ambitions et ses priorités. Plus question de défendre la liberté d'expression. Place à la défense d'un "internet civilisé", sécuritaire, où l'Hadopi fait office de symbole. Au ministre qui lui parle de liberté, le Président rétorque qu'il "ne serait pas convenable que l'Internet se développe comme une zone de non-droit". Le Quai d'Orsay tente bien de faire croire que la conférence du 15 octobre n'a été que reportée, "à la demande des Pays-Bas", mais personne n'est dupe. Jamais aucune nouvelle date n'a été proposée, et le sujet a été enterré.

      "Un point de non-retour dans les relations entre Sarkozy et Kouchner"

      C'est cet épisode, à l'écho très particulier depuis les "révolutions Facebook" des pays arabes, sur lequel revient Marianne, dans une enquête qui paraîtra ce vendredi dans les kiosques, et dont Numerama a pu prendre connaissance. Le journaliste Frédéric Martel, qui s'est procuré des notes du Quai d'Orsay et certaines correspondances avec l’Élysée, montre que Bernard Kouchner avait voulu faire de la défense d'internet et des cyber-dissidents "l’apogée de la carrière", mais qu'il en a été empêché par Nicolas Sarkozy.

      Le magazine cite un document confidentiel daté de juillet 2010, dans lequel l'ancien ministre expliquait que la France va "soutenir les cyber-dissidents confrontés à la répression de la liberté d’expression" et qu'elle réfléchit même à apporter une "assistance technique" pour "contourner la censure". "Dès la révolution en Iran, [Bernard Kouchner] a perçu l’importance du Web pour la diplomatie", explique Marianne. En septembre, une note au ministre confirmait que la conférence d'octobre devait aider les défenseurs des droits de l'homme à maîtriser les "technologies de contournement (...) pour permettre des communications non filtrées". Il était même question de proposer que tous les blogueurs bénéficient du même régime de protection que les journalistes. Tout cela avant la fameuse lettre de Nicolas Sarkozy, qui bloque le beau projet.

      "Selon les nombreux témoins interrogés par Marianne, cette lettre est un point de non-retour dans les relations entre Sarkozy et Kouchner. Ce dernier aurait même menacé de démissionner, une nouvelle fois", raconte l'hebdomadaire. Pas question pour le ministre des affaires étrangères de transformer sa conférence sur la liberté en conférence sur la régulation et le contrôle, comme le demande le conseiller diplomatique de Sarkozy, Jean-Bernard Levitte. "Chez Kouchner, on est consterné par cette approche répressive", assure Marianne.

      "Le ministre écrit avoir le soutien de « très nombreux gouvernements et acteurs de la société civile » qui « observent qu’Internet est aujourd’hui l’un des principaux alliés des défenseurs des droits de l’homme dans le monde [et qui] partagent [leur] inquiétude à l’égard de la répression croissante qui s’abat sur la Toile ». Kouchner enfonce le clou : « La défense d’un Internet ouvert, universel, est devenue un sujet majeur de politique internationale et une composante essentielle de notre engagement en faveur de la démocratie et des droits. » Rien n’y fait".

      Deux mois plus tard à peine, la Tunisie commençait à se soulever, à s'organiser par Facebook pour renverser Ben Ali. Michèle Alliot-Marie, qui avait définitivement rayé le projet de Kouchner lorsqu'elle l'a remplacé, est plus tard exclue du gouvernement, notamment pour avoir proposé d'apporter son aide contre les manifestants.

      La conférence voulu par Bernard Kouchner avec 17 pays se transforme en e-G8, qui se tiendra mardi et mercredi prochain à Paris. "Des sujets programmés au temps de Kouchner, seuls demeurent le développement économique, la sécurité, la cybercriminalité, la gouvernance d’Internet et Hadopi – la liberté d’expression a mystérieusement disparu", constate Marianne. "Les cyber-dissidents deviennent définitivement persona non grata au e-G8".


      Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

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